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Google met en pièces le droit à l’oubli

Pour bon nombre, l’entité Google est la Reine du monde 2.0. Une fois de plus, la firme de Mountain View a prouvé cette hégémonie en refusant le verdict même de la CNIL concernant le droit à l’oubli. Entre la protection de la vie privée et les règles ‘mondialistes’ de Google, la bataille juridique sur les données ne fait que commencer.

Un Non franc et direct à l’égard de la CNIL

Depuis plusieurs mois, il s’agit du sujet le plus chaud, mais aussi le plus tendu concernant le monde du web en France. Alors que de nombreux pays ont accepté sans broncher les règles de Maitre Google concernant les données en ligne, la France, ce pays de révolutionnaires, refuse de se plier au Diktat mondial. En effet, les autorités françaises via la CNIL souhaitent laisser la ‘main’ aux utilisateurs afin qu’ils puissent supprimer définitivement et mondialement (pas seulement à l’échelle européenne) les données personnelles présentes sur le web (Google est utilisé par 85 % des internautes en France).

Plus précisément, le souhait de la CNIL était que Google « accepte » de déployer le Droit à l’Oubli à toute l’Europe, et ce, sur toutes les versions de son site. Par exemple, même si ce Droit est accessible à tous les pays européens, lorsqu’un internaute demande le retrait de ses données personnelles, celles-ci sont supprimées sur les versions Européennes (Google France, Google Royaume-Uni, Google Espagne, etc…), mais pas sur Google Monde, à savoir le .com.

Prés de 300 000 demandes reçues en 1 an

Il y a 14 mois, Google avait accepté la demande européenne concernant le Droit à l’Oubli. Cette possibilité a été validée par les 2 parties, et, le succès fut au rendez-vous puisque 290 000 demandes ont été réalisées dont plus de 60 000 depuis la France.

Il est important de noter que Google se réserve toutefois le droit d’évaluer si la demande est pertinente. Les rejets sont fréquents et cela stipule bien que la demande ne vaut pas acceptation.

Des recherches locales ou mondiales?

Google s’appuie sur une statistique que seule elle possède, à savoir que les internautes Français sont seulement 3 % à utiliser google.com et non la version française du moteur de recherche. Alors pourquoi devrait-il supprimer les données d’un internaute lambda sur la version monde? Comme un symbole, Google n’hésite pas à se cacher derrière la « liberté d’expression » pour appuyer sa thèse selon laquelle les données une fois en ligne sont publiques.

Suite à ce véritable tohu-bohu, la CNIL dispose de 60 jours pour contre-attaquer afin d’essayer d faire plier le géant américain de la recherche. Une nouvelle bataille opposant l’Europe aux Etats-Unis va donc avoir lieu.

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